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Prévalences de l'hypophosphatasie sévère et fréquences alléliques

Prévalence de l’hypophosphatasie  sévère récessive et fréquences des principales mutations récurrentes dans les régions du monde où le diagnostic  génétique a été réalisé à grande échelle.

La maladie est particulièrement fréquente dans la communauté Ménonite canadienne [1] en raison d’un effet fondateur conduisant à une fréquence allélique de la mutation sévère p.Gly334Asp de l’ordre de 1/50.

Aux Etats-Unis la prévalence des formes sévères a été estimée à 1/100 000 [2], soit un hétérozygote sur 160. La mutation p.Asp378Val est particulièrement fréquente aux USA et rare ailleurs, notamment en Europe [3, 4]. Elle a même été surnommée la « Mayflower mutation » du nom du bateau qui transporta le premiers migrants Anglais vers le continent Nord Américain.

En France, la prévalence des formes sévères a été estimée à 1/300 000 (un hétérozygote sur 270) sur la base du diagnostic génétique pratiqué de façon quasi-exhaustive [5] ; cette valeur est aussi valable pour l’Europe du Nord. La mutation la plus fréquente est la mutation p.Glu191Lys qui représente 12,2% de l’ensemble des mutations mais plus de 50% des allèles modérés (ou peu sévères)[6].

Enfin au Japon, 2 mutations sont particulièrement fréquentes. La délétion c.1559delT est responsable de formes sévères et la mutation p.Phe327Leu de phénotypes plus modérés. Une estimation de la prévalence a été proposée sur la base de la prévalence de la mutation c.1559delT dans la population japonaise et la proportion de cette mutation parmi les mutations trouvées au Japon [7, 8].
 


Reférences

1.  Greenberg CR, Taylor CL, Haworth JC, Seargeant LE, Philipps S, Triggs-Raine B and Chodirker BN (1993) A homoallelic Gly317-->Asp mutation in ALPL causes the perinatal (lethal) form of hypophosphatasia in Canadian mennonites. Genomics 17:215-7.

2.  Fraser D (1957) Hypophosphatasia. Am J Med 22:730-46.

3.  Whyte MP, Zhang F, Wenkert D, McAlister WH, Mack KE, Benigno MC, Coburn SP, Wagy S, Griffin DM, Ericson KL and Mumm S (2015) Hypophosphatasia: validation and expansion of the clinical nosology for children from 25 years experience with 173 pediatric patients. Bone 75:229-39.

4.  Mornet E (2000) Hypophosphatasia: the mutations in the tissue-nonspecific alkaline phosphatase gene. Hum Mutat 15:309-15.

5.  Mornet E, Yvard A, Taillandier A, Fauvert D and Simon-Bouy B (2011) A molecular-based estimation of the prevalence of hypophosphatasia in the European population. Ann Hum Genet 75:439-45.

6.  Herasse M, Spentchian M, Taillandier A and Mornet E (2002) Evidence of a founder effect for the tissue-nonspecific alkaline phosphatase (TNSALP) gene E174K mutation in hypophosphatasia patients. Eur J Hum Genet 10:666-8.

7.  Michigami T, Uchihashi T, Suzuki A, Tachikawa K, Nakajima S and Ozono K (2005) Common mutations F310L and T1559del in the tissue-nonspecific alkaline phosphatase gene are related to distinct phenotypes in Japanese patients with hypophosphatasia. Eur J Pediatr 164:277-82.

8.  Orimo H, Goseki-Sone M, Inoue M, Tsubakio Y, Sakiyama T and Shimada T (2002) Importance of deletion of T at nucleotide 1559 in the tissue-nonspecific alkaline phosphatase gene in Japanese patients with hypophosphatasia. J Bone Miner Metab 20:28-33.